Ce que dit le calendrier d'interdiction
La loi Climat et résilience interdit progressivement la mise en location des logements les plus énergivores. Les classes F et G sont les "passoires thermiques" ; la classe E, sans être une passoire, est visée à son tour en 2034. Le principe : à partir d'une date, un logement trop mal classé est considéré comme non décent et ne peut plus être proposé à la location : l'interdiction vise les nouveaux baux, mais aussi les renouvellements et les reconductions tacites des baux en cours. Ne comptez pas sur la reconduction tacite pour continuer à louer.
- Classe G : interdiction de mise en location depuis le 1er janvier 2025.
- Classe F : interdiction au 1er janvier 2028.
- Classe E : interdiction au 1er janvier 2034.
Ce calendrier vaut pour la métropole. En Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte, les échéances sont décalées : classe G interdite au 1er janvier 2028, classe F au 1er janvier 2031.
Attention : ce calendrier fait l'objet de débats et d'aménagements réguliers (un projet de loi Relance Logement, présenté en juin 2026, envisage de rouvrir la location de logements F et G contre engagement de travaux, mais il n'est pas voté à ce jour). Les dates ci-dessus reflètent la règle en vigueur à la mi-2026, mais elles peuvent évoluer. Vérifiez toujours l'état du droit au moment où vous louez.
La réforme du calcul du DPE de 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le mode de calcul du DPE a changé : le coefficient de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9. Concrètement, environ 850 000 logements chauffés à l'électricité sortent du statut de passoire sans aucuns travaux, et beaucoup d'autres gagnent une classe. Cette réforme ne décale pas les dates d'interdiction ci-dessus. Bonne nouvelle si votre DPE a été établi avant 2026 : inutile de payer un nouveau diagnostic. Pour les DPE réalisés depuis juillet 2021, l'ADEME délivre gratuitement sur son site, à partir du numéro de votre DPE, une attestation avec votre nouvelle étiquette, sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur. Vous êtes peut-être déjà sorti de la zone rouge sans le savoir, et sans frais.
Vos options si votre bien est concerné
Trois voies, selon votre budget et votre horizon :
- Rénover pour remonter la classe : c'est la solution durable. Un audit énergétique identifie les gestes les plus efficaces (isolation, chauffage, ventilation). Des aides existent (MaPrimeRénov', CEE), mais elles ne couvrent qu'une partie, d'où le sentiment d'un reste à charge lourd.
- Attendre et voir : certains bailleurs de classe E parient sur l'échéance lointaine de 2034 et sur une possible évolution des règles. C'est un pari, à assumer comme tel, et il ne vaut que pour la classe E. Louer un logement déjà interdit à la location expose à une action du locataire : le juge peut ordonner les travaux et réduire, voire suspendre, le loyer dans l'attente.
- Vendre : parfois la revente, y compris avec une décote, est plus rationnelle que des travaux très lourds. À arbitrer au cas par cas.
Le vrai sujet : l'impact sur votre rentabilité
Le DPE n'est pas qu'une contrainte administrative, c'est une ligne de plus dans votre calcul de rentabilité. Un logement F ou G, c'est potentiellement :
- un budget travaux de plusieurs dizaines de milliers d'euros à intégrer au prix de revient ;
- un loyer qui ne peut pas être augmenté tant que le logement reste une passoire (ni révision annuelle, ni hausse entre deux locataires) ;
- une valeur à la revente décotée si rien n'est fait.
Avant d'acheter une passoire "pas chère", refaites le calcul avec le coût des travaux dedans : le prix d'appel cache souvent une rénovation qui mange toute la marge. L'analyse express vous permet de tester un bien avec son DPE et de voir ce qu'il reste une fois les travaux intégrés. Pour comprendre la méthode de rénovation, sortir un logement du statut de passoire détaille les gestes qui font gagner des classes.